Le traité de Bodhidharma


Question:" Qu'en est-il des deux vérités?"

Réponse:"Il en va comme d'un mirage doù la chaleur. Ceux qui hallucinent prennent le mirage pour de l'eau. En réalité il n'y a pas d'eau, ce n'est qu'un mirage. Il en va de même pour la signification des deux vérités. L'homme du commun tient pour ultime la vérité conventionnelle, tandis que le sage tient pour conventionnelle la vérité ultime. C'est pourquoi il est écrit dans le sûtra:"Lorsque les bouddhas prêchent le Dharma, ils s'appuient toujours sur les deux vérités.

"La vérité ultime n'est autre que la vérité conventionnelle, la vérité conventionnelle n'est autre que la vérité ultime. La vérité ultime est précisément la vacuité. Si vous voyez qu'il existe des caractères spécifiques, il vous faut y mettre bon ordre. S'il existe un moi ou un esprit, s'il y a naissance et extinction, vous devez également y mettre bon ordre.

" Q:"Comment y mettre bon ordre?"

R:"Si vous regardez en vous basant sur le Dharma, vous perdrez la notion de vérité et ne verrez plus rien du tout. C'est pourquoi il est dit dans le Laojing:" La vertu solide paraît légère."

Q:"Quel type d'esprit est dénué de conscience et de connaissance?"

Pas de réponse. La raison en est que ce Dharma ne peut répondre. Car le Dharma est absence de pensée et toute réponse implique une pensée; il est exempt de mot, et toute réponse implique une parole; il est exempt d'interprétation, et toute réponse implique une interprétation; il est exempt de vision cognitive, et toute réponse implique une vision cognitive: il est exempt de dualité et toute réponse implique une dualité. Tous ces types d'esprits et de paroles ne sont que spéculation et attachement. Comme l'esprit n'est pas la forme, il ne dépend pas de la forme: comme il n'est pas l'informe, il ne dépend pas de l'informe. Le fait qu'on soit indépendant est ce qu'on nomme libération. Lorsqu'on enfreint les Défenses, on est rempli d'appréhension. Il suffit de savoir que l'esprit d'appréhension est insaisissable, et l'on peut encore obtenir la libération. Et l'on comprend du même coup que l'on ne peut obtenir une renaissance céleste. Bien que l'on connaisse la vacuité la vacuité elle-même reste insaisissable. Bien que l'on connaisse l'insaisissable, l'insaisissable lui-même reste insaisissable."

autre page sur le Bouddhisme : Hoang-Po


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